:::::: Frise Chronologique (en cours de test)

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mar 2011
 

Ciné-SF est un site sur les films de science-fiction. Nous espérons que les amateurs de cinéma en général et de S.F. en particulier trouveront ici matière à découverte et/ou à réflexion… Bonne visite.
Nous avons au 28/03 86 films répertoriés Science-Fiction sur la période 1895-1916. Avec 23 refusés et 16 incertains, c’est 125 films qui sont pris en compte.

ATTENTION ! Barre du haut : Frise chronologique en cours. Ai abandonné le flash : quand votre disque dur crashe après avoir fini votre frise, et qu’elle ne fonctionne pas en ligne car vous avez utilisé des liens relatifs alors que wordpress n’accepte que des absolus, vous acceptez d’entrer dans une logique paranoïque (on m’en veut), et vous vous rabattez sur un plugin…

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Extrait trouvé sur Youtube, en attendant d’en mettre un moi-même : Sortie en Scaphandre

  • Date : 1916
  • Pays : USA
  • Réalisateur : Stuart Paton
  • Durée : 113 mn
  • Titre Original : Twenty Thousand Leagues Under the Sea

Histoire : Un monstre marin hante les mers. Le Professeur Aronax embarque sur l’Abraham Lincoln en compagnie de sa fille. Là il rencontre Ned Land, le plus grand harponneur qui soit. Nos héros retrouveront le monstre, qui bien sûr n’est autre que le Nautilus, et tenteront de le détruire en vain : ce sont eux qui seront faits prisonniers du vaisseau de Nemo.
Parallèlement, trois soldats nordistes s’échappent d’un camp sudiste en ballon. Ils atterriront sur une « Ile Mystérieuse », base du Nautilus, et survivront grâce à du matériel que Nemo leur fait parvenir anonymement. Le Lt Bond découvrira sur l’île une enfant sauvage devenue bien grande, assez grande pour attiser excessivement la libido d’un de ces compagnons.
Parallèlement également, Charles Denver est en proie aux remords : après avoir causé la mort d’une princesse hindoue. Il se sent obligé de retrouver la fille de celle-ci qu’il avait abandonnée sur une île…

Note : Trois fils directeurs, donc, qui se retrouvent finalement :

l'invention des frères williamson

l'invention des frères williamson

- le premier est adapté de 20.000 lieues sous les mers de Jules Verne. Ce fil n’a pas un intérêt scénaristique excessif. Mais il justifie l’introduction de séquences sous-marines, car, comme dans le roman, Nemo fera découvrir les fonds marins à ses invités (les prisonniers ne le sont plus après un pacte de « non-évasion »). C’est en effet l’aspect marquant du film : grâce à une invention développée par « les frères Williamson » (un caisson étanche suspendu au fond d’une embarcation) Paton nous offre parmi les premières vues sous-marines du cinéma. Il filme également plusieurs sorties en scaphandre, dont une chasse au requin. Les vues ont été prises à une dizaine de mètres de profondeur au large des Caraïbes dont l’eau était si pure que les prises de vues pouvaient se faire sans lumière artificielle.
Hélas, avouons-le, ces vues s’éternisent et semblent parfois être un documentaire naturaliste tranchant soudainement une fiction.  De plus nous sommes toujours au début du cinéma et, si l’alternance des cadrages et les prises hors studio le font oublier, la caméra est toujours en plan fixe sauf quand les conditions obligent. Ici, l’absence de mouvement dans les plans sous-marins sans acteur oblige donc au travelling horizontal. Mais celui-ci ne suffit pas à générer l’intérêt, et ses passages deviennent rapidement imbuvables, sauf à vouloir en percevoir la poésie qui se dégage si l’on considère l’ancienneté de ces images.

- Le deuxième fil, celui des évadés unionistes, est tiré de l’Ile Mystérieuse du même Jules Verne. Celui-ci, en fait, ne prend son sens qu’en amenant :

- Le troisième fil, qui lui est original : L’histoire de cette jeune sauvage, que le lieutenant Bond arrachera des griffes de Denver et de ses anciens compagnons d’arme. Elle s’avèrera être la fille de Nemo. Un Nemo qui parcourait les mers pour se venger de Denver, bien sûr, qui avait causé la mort de sa compagne.
Tout est bien qui finirait bien si ce n’était pas au moment des retrouvailles filiales que la vie décidait de quitter Nemo, ce qui permet à Paton de finir sur un étrange enterrement sous-marin exécuté par des scaphandriers…

Mort du Capitaine Nemo

Enterrement sous-marin du Capitaine Nemo. On observe les scaphandres autonomes des acteurs (30 mn d'autonomie)

L’aspect science-fictionnel semble aujourd’hui assez limité : non seulement il s’agit d’un film d’inspiration vernienne, dont la logique science-fictionnelle est bien moins présente que chez Wells, mais les inventions – dont aucune ne l’est vraiment, ni pour Jules Verne (1), ni pour Paton) sont aujourd’hui tellement évidentes qu’il faut faire l’effort de replacer le film dans son époque pour l’intégrer au genre.

La réalisation est assez déroutante, notamment quant à la direction d’acteurs. Le début (premier fil) assez conventionnel tranche avec l’exubérance hystérique qui déborde de… Jane Gail dans le rôle de la sauvageonne… On croirait presque parfois que deux réalisateurs ont officié sans concertation et ont ensuite monté le tout pour le proposer à l’écran.
Le final s’approche d’un film d’action, avec un montage plus nerveux : le troisième fil scénaristique, l’original donc, semble avoir plus intéressé Paton que les adaptations de Verne.
Un film somme toute moyen, mais non sans qualité, et dont les prouesses techniques que sont les séquences de sorties en scaphandres pincent le coeur si l’on prend en considération la distance temporelle avec notre époque.


Un Effet Spécial !

scène du poulpe de 20.000 lieues sous les mers de paton - 1916

Le Nautilus

La scène de l’attaque du Poulpe Géant fait partie des scènes sous-marines du film de Paton. Cette séquence est très différente suivant l’époque du… spectateur. Il s’agit là, dans tous les cas, d’un effet spécial travaillé :

Histoire : Un pêcheur est attaqué par une pieuvre. Nemo observe la scène depuis le Nautilus et décide d’aller sauver le pauvre homme. Il revêt un scaphandre et va, à coup de hache, couper les tentacules encombrantes de l’agressif animal.

Point de vue du spectateur de l’époque :

La pieuvre a été fabriquée en toile. Les bras (dont les ventouses sont des demi-balles de caoutchouc) contenant ressorts et tuyaux, peuvent simuler des mouvements par injection d’air comprimé. Un « machiniste », caché dans la tête du monstre, procède à l’injection de l’air.
Si l’on en croit J.E. Williamson, qui semble le réalisateur de ce trucage élaboré, le public a totalement cru à la véracité de l’attaque lors de la projection. On peut penser qu’il dit vrai, malgré la grossièreté apparente du truc aujourd’hui, si l’on pense qu’à l’époque (2) les spectateurs ayant une représentation fiable d’un poulpe en mouvement devaient être peu nombreux.

L’effet spécial semble marcher à plein.

Du point de vue du spectateur contemporain, la scène est assez comique :

- d’abord, cette séquence n’a pas de fonction réelle dans le récit, et sert uniquement à introduire l’attaque du Poulpe Géant, moment d’excellence chez Verne, dans le film mais avec des dimensions plus… raisonnable.
- la coïncidence entre un pêcheur venu en barque d’on ne sait où pour se faire attaquer par une pieuvre sous les yeux de Nemo est assez énorme, et souligne notamment celle qui fonde le scénario : Nemo, Aronax, Bond et ses compagnons, Denver ensuite, la fille de Nemo et maintenant ce pêcheur, se trouvent, malgré l’immensité de l’océan, tous au même endroit au même moment : une île bien mystérieuse effectivement !
- le poulpe est évidemment grossier, et malgré les machineries dont se vante Williamson, on voit bien que l’acteur fait ce qu’il peut pour enrouler autour de lui les tentacules récalcitrantes.
- Nemo voit l’homme, met son scaphandre, sort, se dirige (« How slowly, how very deliberately he seemed to move » dit Williamson) vers l’homme, le délivre et… le pêcheur n’a toujours pas vidé ses poumons, record d’apnée ex-plo-sé ^^ !


Le Nautilus

Nautilus de Paton

Le Nautilus

La première idée de Paton fut d’emprunter un sous-marin à l’US Navy. Outre le fait que le Nautilus ne ressemble guère au sous-marin de l’époque, les militaires ne voyaient pas d’un bon oeil le prêt d’un tel matériel pour un film
Aussi Paton décida-t-il de construire un sous-marin. 6 mois de construction furent nécessaire pour réaliser ce faux bâtiment qui n’en pouvait pas moins avancer en surface, plonger, et tirer une torpille. Il plongeait (environ 4 mètres maximum) en introduisant de l’eau par des valves et remontait en injectant de l’air comprimé pour chasser le surpoids aqueux.

(1) Le film commence sur une présentation des frères Williamson puis par celle de Jules Verne défini comme un homme en avance sur son temps mais mort dans l’incompréhension de ses contemporains. Ainsi fabrique-t-on les mythes…

(2) On pensera qu’à l’époque, sans doute, pour beaucoup, les images de fond marins étaient totalement nouvelles, et sans doute assez étonnantes, notamment les attaques de requins…

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